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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 19:34

 
Pen Duick II, avec lequel Éric Tabarly a remporté sa première Transat anglaise, en 1964.
Pen Duick II, avec lequel Éric Tabarly a remporté sa première Transat anglaise, en 1964.

Naissance 24 juillet 1931
Nantes, Loire-Atlantique
Décès 13 juillet 1998 (à 67 ans)
Mer d'Irlande
Nationalité Française
Profession(s) Navigateur
Distinctions Légion d'honneur
Conjoint(s) Jacqueline Tabarly
Enfant(s) Marie Tabarly
Famille Erwan Tabarly (neveu)
 


Éric Tabarly
est un navigateur
français, né le 24 juillet 1931 à Nantes, disparu en mer le 13 juin 1998. Officier de l'Aéronavale de formation, il s'est très tôt passionné pour la course au large. Éric Tabarly remporte plusieurs courses océaniques notamment l'Ostar en 1964 et 1976 et met fin à la domination anglaise dans le domaine. Il forme toute une génération de coureurs océaniques et contribue par ses victoires au développement des activités nautiques en France. Bien qu'amateur de vieilles coques en bois, il a également joué un rôle de pionnier dans le développement du multicoque en faisant construire son trimaran Pen Duick IV (1968), premier multicoque océanique de course, ouvrant la voie à la suprématie de ce type de bateau sur les monocoques.


Éric Tabarly découvre la voile à l'âge de 3 ans à bord d'Annie, le bateau familial. En 1938, son père Guy Tabarly, achète le célèbre Pen Duick signifiant littéralement petite tête noire (pen = tête ; du = noir ; ick = diminutif, petit), c'est-à-dire mésange charbonnière en breton, dessiné par William Fife (sous le nom de Yum en 1898). Éric Tabarly parlait des bateaux dessinés par Fife durant les premières décennies du XXe siècle : « les grands architectes de cette époque étaient Herreshoff, Watson, Nicholson et William Fife. Parmi eux, Fife a acquis une réputation particulière grâce à l'esthétique et à l'équilibre de ses bateaux. De plus, ceux qui ont pris forme dans son chantier avaient une construction inégalée ». Abandonné dans la vase, le fils le sauva plus tard en moulant la coque de bois pour en reconstituer une copie en résine, la coque en l'état ne pouvant être restaurée.


En
1952, il s'engage dans la Marine nationale dans le but de financer la restauration du voilier familial Pen Duick. Il est pilote dans l'aéronavale et vole sur Stampe_SV4 pour ses débuts puis sur des Beech 18 et Avro_Lancaster de la Patrouille Maritime. Il est basé à Saint-Mandrier-sur-Mer et Agadir (Maroc). Il effectue environ 1000 heures de vol au total, en particulier au cours de la guerre d'Indochine. Il est détaché à temps plein par la marine nationale avec le grade capitaine de corvette, pour courir les mers.


Souhaitant participer à la course transatlantique en solitaire (
Ostar) de 1964, il conçoit spécialement un bateau avec l'aide des architectes Gilles et Marc Costantini, Pen Duick II ketch de 13,60 mètres construit en contre-plaqué marine pour un déplacement de 5,4 tonnes. Il remporte la course en franchissant le premier la ligne d'arrivée à Newport le 18 juin 1964 à 10h45. À la suite de cet exploit qui fit redécouvrir la mer à la France, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par le général de Gaulle.


Il remporte une deuxième fois cette course mythique en
1976, à bord de Pen Duick VI, un voilier pourtant conçu pour être manœuvré par une quinzaine d'équipiers, et malgré la rupture en début de course de son pilote automatique ainsi que des conditions météo très difficiles. À la suite de ce doublé, et après avoir gagné devant Alain Colas et son Club Méditerranée, il descend triomphalement les Champs-Elysées. Cette même année, une émission des Dossiers de l'écran lui a été consacrée, au lendemain de sa seconde Ostar. Toujours en 1976 un sondage réalisé par le quotidien sportif L'Équipe auprès de ses lecteurs le classe en tête des sportifs les plus populaires devant Eddy Merckx, Niki Lauda, Johan Cruijff.


Il disparait en mer d'Irlande, au large du pays de Galles, dans la nuit du 12 au 13 juin 1998 alors qu'il convoyait en équipage Pen Duick pour un rassemblement de plans Fife en Écosse. Il aurait été projeté en mer par le pic de la voile aurique du bateau au cours d'une manœuvre de réduction de voilure. Son corps fut retrouvé plusieurs jours plus tard par des pêcheurs.

 

L'influence de la vie de Tabarly et la liste de ses bateaux

Éric Tabarly marqua plusieurs générations de navigateurs et de coureurs hauturiers. En effet, il a véritablement créé une « école française » de la course au large, en prenant à son bord et formant de nombreux équipiers qui s'illustreront par la suite, tels que Alain Colas, Olivier de Kersauson, Gérard Petitpas, Éric Loizeau, Marc Pajot, Daniel Gilard, Titouan Lamazou, Philippe Poupon.


Il marque également l'histoire de l'architecture maritime avec la construction et la mise au point de voiliers de compétitions novateurs, exploitant les dernières évolutions techniques, et conçus avec une interprétation très fine de la jauge et des conditions de mer qui seront au programme de ses voiliers :

Pen Duick II (1964) : ketch à déplacement léger (5,4 tonnes pour 13,60 mètres) manœuvrable par un homme seul ; construction en contre-plaqué marine, coque à bouchain vif.

Pen Duick III (1966) : coque aluminium, étrave en guibre pour 17,45 mètres et un gréement de goélette ; ce bateau a fait l'objet, au fil des années, de plusieurs modifications dans son gréément (sloop, ketch). C'est l'unité la plus titrée de la dynastie des Pen-Duick.

Pen Duick IV (1968) : premier multicoque en aluminium de 20 mètres, gréé en ketch, équipé de deux mâts aile, et caractérisé par ses deux rails d'écoute en arc de cercle et ses flotteurs submersibles. Ce bâtiment fut vendu à Alain Colas, qui le modernisa et le rebaptisa Manureva ;

Pen Duick V (1969) : sloop de 10,50 mètres caractérisé par sa ligne de carène et ses deux ballasts liquides lui permettant une pointe de vitesse et un équilibrage fin pour les allures portantes majoritaires dans la Transpacifique, course pour laquelle il a été spécifiquement conçu ;

Pen Duick VI (1973) : ketch de 22,25 mètres en aluminium, conçu par l'architecte André Mauric, déplaçant 32 tonnes et équipé d'un lest de quille en uranium appauvri, remplacé par la suite par un lest en plomb et caractérisé par une queue de malet sur le tableau arrière (petit bout dehors).

Surface de voilure au portant : 600 m2. Pen Duick VI démâta plusieurs fois en course, mais gagna plusieurs records de traversée lors de ses différentes courses, démontrant des qualités marines et de vitesse supérieures à ses concurrents.

Pen Duick VII : trimaran foiler conçu par Éric Tabarly en 1975, accompagné par une équipe d'architectes maritimes et une équipe de la société Dassault. Éric Tabarly va rechercher un budget pendant quatre ans. Plusieurs solutions : le baron Bich ; n'aura pas plus d'un million de francs à investir dans ce projet, il en faut le double ; puis la brasserie Kronenbourg qui abandonne le projet ; ensuite une entreprise financière arabe ; mais c'est en 1979 que M. Baudinet, beau-fils de Paul Ricard, va faire se rencontrer Éric Tabarly et Paul Ricard ; les plans de Pen Duick VII vont lui être montrés ; Paul Ricard décide de devenir le sponsor du trimaran Paul Ricard.


Paul Ricard (1979) : trimaran de 16,50 mètres en aluminium déplaçant 7 tonnes. Il est caractérisé par son bras de liaison unique et profilé qui s'appuie sur deux petits flotteurs, eux-mêmes étant équipés de plans porteurs. Ce navire préfigure la mise en application sur les voiliers du principe du plan porteur qui vise à faire déjauger le voilier puis à le sortir de l'eau pour ne plus le laisser en appui que sur ses plans porteurs. Ce principe est aujourd'hui mis en œuvre sur L'Hydroptère d'Alain Thébault. Éric Tabarly fut le premier marin à battre en 1980 le record de traversée de l'Atlantique Nord détenu depuis 1905 par la goélette Atlantic de Charlie Barr, ouvrant ainsi la course aux records de traversées effectuées par les multicoques.

Le navigateur portait différents sobriquets qui lui avaient été attribués par ses équipiers ou, la gloire venue, par la presse, dont Pépé, Le Sphynx de Bénodet, Le Sage de l'Océan.

 

Le mutin

En 1996, Tabarly s'oppose au projet de transfert du musée national de la Marine du palais de Chaillot à la porte Dorée

En lieu et place du musée de la Marine devait être créé un musée des arts premiers voulu par le président de la République Jacques Chirac.

Finalement, le musée national de la Marine demeurera au palais de Chaillot, au Trocadéro, le président Chirac ayant décidé, à l'occasion du conseil des ministres du 28 janvier 1998, que le musée des arts premiers, rebaptisé musée des arts et civilisations, serait construit quai Branly.

 

Palmarès

  • Chevalier de la Légion d'honneur en 1967 ; officier en 1976 ; commandeur en 1998.
  • Record de la traversée de l'Atlantique d'ouest en est en multicoque (record de 1905 de Charlie Barr sur la goélette de cinquante hommes d'équipage Atlantic battu) :
    • en 1980 (10 jours 5 heures 14 minutes 20 secondes) (PR)
    • (en 1968, il avait été approché, avec les 10 jours 12 heures de PD IV)
  • Transat anglaise en solitaire (Portsmouth-Newport, ou encore Ostar) : 1964 (PD II) et 1976 (PD VI) (devant Alain Colas à sept heures)
  • Morgan Cup : 1967 (PD III)
  • Gotland Race : 1967 (PD III)
  • Channel Race : 1967 (PD III)
  • Fastnet : 1967 (PD III) et 1997 (AI)
  • Plymouth-La Rochelle : 1967 (PD III)
  • Sydney-Hobart : 1967 (PD III) (et 2e au temps compensé)
  • Transpac San Francisco-Tokyo (Transpacifique) : 1969 (PD V) (avec 11 jours d'avance sur le 2e)
  • Falmouth-Gibraltar : 1971 (PD III)
  • Los-Angeles-Tahiti : 1972 (PD III)
  • 1re de l'étape du Tour du monde en équipage "Le Cap-Sydney" : 1973 (PD III)
  • Bermudes-Angleterre : 1974 (PD VI)
  • Triangle Atlantique : 1975 (PD VI)
  • Transat en double Le Havre-Carthagène (avec Yves Parlier) : 1997 (AI)
  • 2e de la Transat en double Lorient-les Bermudes-Lorient : 1973 (PD III) et 1979 (avec Marc Pajot) (PR)
  • 2e de la Transat Le Point-Europe 1 : 1987 (CO)







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